L'Exploitation des mines de fer...  
   
- Historiquement, il semble que des mines aient été découvertes et exploitées depuis longtemps dans le sud de l'Alsace et dans notre région :  
- en 1225, par un acte officiel, le Comte de Ferrette accorde à l'abbaye de Lucelle, entre autres avantages, le droit d'y chercher des mines et de les y fondre ;  
- des mines sont exploitées dans le voisinage de Montbéliard vers, 1440, d'après des textes anciens ;  
- quant aux mines de Grand-Charmont, on sait qu'elles étaient déjà en activité en 1597, mais on ne connaît pas la date du début de l'exploitation.  
- La carte du Pays de Montbéliard, dressée en 1616, par Henrich Schickardt, désignait ces mines sous l'appellation allemande de " Eisen Ertzgrueb ". Elles étaient situées au nord du village : l'une, communale, dans la forêt où elle côtoie, au nord, les mines de Châtenois, et à l'ouest, celles de Bethoncourt ; l'autre privée, la mine Carementras, beaucoup plus proche, entre la forêt et le village. Cette dernière fut redécouverte en 1965, à la suite d'un éboulement. Le groupe Catamaran, un groupe spéléologique, l'explora alors et dressa un plan détaillé des galeries accessibles qu'il put parcourir.  
- Le minerai extrait de ces mines, appartenant à l'éocène supérieur, était un minerai sidérolithique, appelé aussi pisolithique car il se présentait sous forme de billes ayant au plus la grosseur d'un pois. On le trouvait par veines ou par nids dans les crevasses et les poches de calcaire héméridgien ou au milieu des argiles sableuses. On extrayait ce minerai, soit en creusant des excavations à ciel ouvert, de cinq à six mètres de profondeur, soit par des puits de vingt à trente mètres, d'où rayonnaient quelques galeries peu étendues. Il était remonté dans des paniers grâce à des treuils de bois et débarrassé de sa gangue terreuse aux lavoirs de Bethoncourt ou de Vieux-Charmont. Ce minerai, d'un bon rendement (40 % de fonte) était acheminé à Audincourt pour être traité dans l'usine locale.  
- En 1831, vingt mineurs extrayaient 32490 quintaux, mais très vite, au XIX ème siècle, la production baissa (24650 quintaux en 1843) car les usines s'approvisionnaient de plus en plus à l'extérieur de la région.  
- L'exploitation cessa vers le milieu du XIX ème siècle. Elle avait apporté à Grand-Charmont, pendant des années, une activité incessante grâce à l'extraction et au transport du minerai. Elle avait fait naître aussi bien des conflits avec la Compagnie des Forges d'Audincourt à propos des dégâts commis en forêt et des dégradations subies par les chemins communaux lors du charroi du minerai.  
- Ajoutons que le sous-sol de Grand-Charmont, outre le minerai de fer, offrait de la bonne pierre à bâtir dans des carrières ouvertes avant 1623. De plus, il existait au lieu-dit Creux-aux-Mines, un gisement de marbre blanc, veiné de brun terne.  
   
 
 
 

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